Temps (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
Siècle
fuite
Nuit (Merci de bien vouloir y accoler systématiquement l'adjectif « noire »)
Mort (la) (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
Tombe(s)/tombeau(x)
heure(s)
vent
Passé/ Présent (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
Autrefois/Demain (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
amour
bouche/sang/veines/coeur/corps/chair/oeil/main
solitude (vous êtes seul contre tous) (tous est indéterminé, sans importance)
révolte
monde
Vide (le) (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
Écrire/Écriture (l') (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
Langue/Verbe (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
entendement/conscience/raison/imagination (en saupoudrer le tout aléatoirement)
Homme (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
absence
Mot (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
mémoire
mère(s)/père(s)/enfant(s)
horizon/Espace/Terre
pluie/eau/mer/océan/vagues
ciel/nuages/arbre(s)
route(s)/rue(s)/ville
mur(s)
horizontalité/verticalité (termes mélodieux et pratiques car pouvant auréoler le tout d'une vague substance intellectuelle)
silence
voix
CRI (N'oubliez surtout pas cet élément capital ! que vous utiliserez de préférence systématiquement accouplé au mot « Silence » ou « muet ») (vous pouvez même parler de « Silence muet ») (« Mon cri dans ce silence muet »)
Pierre(s)
« Mon Travail » (expression capitale) (« Mon Travail s'oriente essentiellement vers »).
GUERRE (essentiel)
DIEU(X) (essentiel)
Absolu
lumière/ombre ; vérité/mensonge ; passion/haine/amour/désir ; lenteur/vitesse, etc.
Nous rappelons qu'il est nécessaire, afin de procurer l'illusion de la diversité dans
votre langage – procuré par votre tout nouveau générateur de phrases – d'y insérer quelques mots savants et compliqués glanés au hasard de vos lectures dont vous aurez préalablement vérifié le sens dans le dictionnaire.
Conseils : Il est conseillé de jouer avec les antonymes, comme ci-après :
« Autrefois sera demain et demain ne sera jamais le présent d'autrefois qui ne sera plus passé ». (Ceci n'est formulé qu'à titre d'exemple).
« La lumière de ton ombre sera plus que jamais demain l'autrefois de mon présent. »
(Ceci n'est formulé qu'à titre d'exemple).
« La verticalité d'une heure sans temps ». (Ceci n'est formulé qu'à titre d'exemple).
Exercice pratique : composez trois textes courts en prose s'articulant autour des mots : vide, horizon, guerre, océan, monde, absence, nuit, pierre.
Réponses :
1. Dans le vide de l'horizon roucoule un monde en guerre où la pierre ne connaît plus la nuit seulement des océans d'absence.
2. Ô Horizon_je n'ai plus d'océan_que ton absence, à scruter la nuit dans les_pierres de la ville, je ne cesse de faire la guerre à ce monde qui est si vide sans moi. Toi. Hum. Ô toi.
3. L'océan de ma vie ne reflète qu'une guerre des mondes toujours plus coupante, comme les pierres, en ton absence qui me claque de nuits. L'horizon et le vide sont remplis de contractions.
Exercice panique : composez un texte final avec les 73 mots de votre nouveau générateur de phrases.
Réponse :
Dans ma bouche_le Temps s'accomplit
Et les rictus_des saisons vengent le Siècle_
La nuit noire peuple d'enfants ton Absence_
Le tombeau des heures pendule mes veines_
Le monde_sourde révolte_ somnole en apnée
Dans l'océan du Verbe, la mémoire de nos pères_
Fléchit l'horizon érosion de nos consciences
_L'homme somni-fer_consécration d'un passé sans visage_
L'oeil en carton posé sur les mains_
Comme des neiges_dans les arbres de nos solitudes_
L'amour sec comme une plateforme de désillusions_
L'estomac pendaison_des dieux informes_
L'horizontalité de nos veines_perforant le chemin_
Et la pluie dans tes mains_comme le mensonge du ciel_
Le corps fait de pain de didacticiels illogismes_
L'Écriture me pulse_je ne dors plus_je suis le torrent du Verbe_
Et la passion des nuages_sous ta peau_
Une vague profonde de maux sans mots_et d'écrits vains sans vin_
La verticalité des murs se dressent_dans le vide_
Je me battrai d'écume_les abattrai d'amertume_
L'espace autour_déclivé_l'apesanteur sonnée_
De nos âmes_dans les trous de la ville_
comme des cris_dans le silence des ciments_
Autrefois ne sera jamais qu'un demain sans présent_
Nos chairs battront de l'oeil_en guerre contre l'ombre_
Lumières jusqu'à l'infini_passions jusqu'à se rompre_
De nos_langues_sans raison.
_
_
_
_ _ _ (Le générateur de phrases vous prie de cesser immédiatement vos underscore. L'exercice est fini).
_
_
_ (Le générateur de phrases vous prie de cesser immédiatement).
__
Nous vous annonçons que vous avez réussi brillamment l'exercice, ayant même pris la liberté de nous bâtir une superbe allitération « horizon érosion » ainsi qu'un brillant jeu de mots vide « somni-fer ». Ça y est. Vous y êtes.
Nous allons passer maintenant à l'étape suivante. Votre carte de visite.
Vous devrez choisir entre trois dénominations, au choix : « écrivain », « poète » ou « auteur ».
Pressez sur la touche étoile si vous souhaitez être « poète ».
Pressez sur la touche dièse, si vous souhaitez être « écrivain ».
Pressez sur la touche 1, si vous souhaitez être « auteur ».
Maintenant, souriez à la caméra. D'un air profondément absorbé par l'horizon du ciel. Vous n'êtes pas là. Répétez après moi : vous n'êtes pas là. Vous avez renoncé à vous-même. Souriez. Ayez l'air inquiet/crispé/le front soucieux.
Maintenant pressez sur la touche 2. Est-ce que vous baisez. Je répète, est-ce que vous baisez ? Flattez-moi. Est-ce que vous baisez ? Flattez-moi. Est-ce que vous baisez. Je répète, est-ce que vous baisez ?
Pressez sur la touche 3. Votre vanité sortira bientôt automatiquement de votre bouche à chaque fois que vous l'ouvrirez.
ci-dessous 3 représentations formelles du principe de réalité [extraits] mises en oeuvre dans le cadre du séminaire de "fragmentation déraillée & déschématisation sociale"1.
tout le monde lit le source au même moment
tu foires une balise
et
alors tu précipites
le chaos
2.
ma tête en tombe dans le plasma
là il se relativise
"
tu vas prendre cher" il me dit
on parle de pâte
de mer
les golfes clairs
etc
tout ce ramassis d'excitations
c'est vrai c'est toujours mieux que "sans-oeuvres"
[
she said]
je ferme les yeux
l'air extérieur me caresse
à chaque fois je suis ailleurs
je-
peut-on se redéfinir ou alors créer une autre extension
de soi
le papier parle de filamentation lui
je trouve ça joli
comme cette mer de peignes
me surprend à espérer des rivages
toutefois j'ai un nom
j'en parlerai le moment venu
pardon : je lui laisserai la parole
3.
augmentation soudaine du nombre de variables
propension à osciller sur des impulsions caféines
j'alimente cette reprise ridicule
postulant que le freinage convulsif de l'être devient vite conséquent
dans l'environnement néant
je ne garantis plus rien après
à terme
à ce soir
l'entrée est à droite
après le rideau
de l'autre
si la mue ne
se présage
ni laisse
alors le long du
le regard va suivre
encore comme un aruspice d'écorce puis dans les branches des membres décharnés
aux doigts-cadrans indiquant la mise en mouvement des ailes mortes
quand dans le contre-jour traversent et que mille
prennent leur éclipse rapide virent à l'unisson dans une clameur contre l'air
derrière les globes bourdonne un peu
la réverbération nocive de mes réflexes
pourtant l'impulsion propagée
sous une chaos-porteuse se
perpétue suave
n'est-ce d'ailleurs plus qu'un signal
un algorithme démodulé dans le bourbier libraire
(injectez-moi)avant que létale ne s'estompe
la voix qu'interlace le vide
dans cette urgence péremptoire
Pollution d'invid. de tout un tas de trucs insignifiants - suite (ma joue sur la tienne).— Il n'y a que moi qui ai vu des choses belles en tout ça, l'autre acquiesçait, il était paresseux. En même temps, l'autre, peu importe l'autre, son vernis fut suffisant, son vernis m'a insufflé la joie de vivre, dix-huit dessins. Je ne retiens pas l'autre, je ne vais pas le bousiller parce qu'il n'y a pas vu de raison d'être. Ma raison d'être c'est vrai meurt d'en savoir d'autres qui n'en ont pas, mais après tout, ce qui reste c'est ce qu'il y a entre mes mains. C'est même d'avoir pu tirer de la vie d'un autre qui y acquiesçait tout en n'y croyant pas.
Elle supposait dans son bar de quartier qu'il s'était enfin décidé à mouiller l'ANPE et les annonces pour autre chose qu'elle. Il ne l'aurait pas fait pour elle. Il le faisait seulement pour partir. La vie grouillait maintenant à partir d'une seule absurdité. La vraie absurdité étaient en eux. L'art de l'absurdité, la totale absurdité, celle qui ne fait pas mal, n'est qu'en ceux qui ne la supportent pas, cette tranchante, injuste et autre absurdité de tous les jours qui au fond n'est que cruauté. Brève de comptoir. Elle dénoyaute la pression et l'autre, qui ressemble à une créature mi-RMI mi-chemin du non-retour acquiesce. Palabre. C'est inaudible.
Le lit était maintenant mort et vide. Ce qui pouvait tirer un être de son sommeil, n'était pas l'amour qu'on lui donnait, mais sa soif de vengeance, sur tout un tas de misérables choses. La performance était de prouver à un être qu'il ne vous aimait pas et qu'il était vraiment temps de se tirer. Ça réveillait les êtres, ce sentiment d'agonie et ce rappel de la naissance à l'air libre, sans rien sauf un ciseau qui vous tranche.
Paradigme artificiel #3AND AFTER
I KILLED
A SPIDER
WITH A
PIZZA BOX Elle avait passé sa nuit à l'hôpital le monde brûlait. Des délires par centaine se télescopaient l'aphrodisiaque écumait ses tempes. Suite à l'idéation était venu un sentiment d'indifférence aveugle, comme une mélasse grise, les êtres devenaient des choses, les choses devenaient des êtres, les frontières, obsolètes. Elle avait gravé sa fièvre au feutre dans tous les refrains, épluché les visages pelé les promesses, désossé leurs psaumes. C'est vers midi que la totalité jaillit, un mélange de petits bouts bruns et noirs, comme d'insalubres morceaux de marécage qui s'échappaient d'elle par secousses. Elle entendait à gauche à travers la cloison une fille en train de faire pipi. Elle passa vingt-minutes à essuyer les gouttelettes sur la poignée de la porte foutit du désodorisant Bluet' sur son manteau. Dans la cage d'escalier, assise sur les marches, contemplant la comptine, le temps fuyait par bouffées, une toile d'araignée minuscule et très contemporaine coincée entre le rivage et la rampe. Le souvenir des Tuileries se faufilant par la fenêtre jusqu'à la vieille dame. Une femme s'arrête : « Vous êtes sûre que ça va ? — oui oui (gentil sourire) — Non parce que vous avez les yeux si rouges… » N'était pas au courant, peut-être l'effort sur les chiottes l'avait faite sortir de ses orbites. Et les yeux rouges contemplent maintenant le bout des chaussures rapiécé, subtile ornement des taches de vin rouge sur le collant. Je suis une montagne. En pièces. Détachées. Et le bout des pieds tapote en rythme machinalement : en pièces/détachées/en pièces/détachées, un petit ruisseau se forme près d'un fil électrique. Des troncs se baladent entre des trains, des voix essuient l'ennui de leurs voisins. L'hôpital devient un terrible gargouillis sans âme au fond de son vagin, la terreur s'amenuise. Non la terreur est immense dit-elle, la terreur toujours la terreur, la même terreur, la terreur qui peut tout faire partir en fumée, en quelques secondes tout basculer et entre les mains le vide et un feu d'artifice et leurs yeux affolés, les cicatrices ancrées et le repos soudain. Elle était gelée, sans orifices, un verre de whisky-pluie dans la manche.
15h. Vaccin. Une chenille sur le lit, parfaitement déplacée. La joue aplatie droite sur l'oreiller, le temps maintenant est à rebours, la lumière une pellicule odorante sur laquelle les fantômes se bousculent, tous marchent à l'envers, saccadés, des petites tempêtes molles et aiguës jappent de leurs bouches. La chenille est roulée en boule. On ne voit rien. Elle est jaune. On ne sait pas qui c'est. Elle ne se souvient plus qui c'est, elle se souvient du torrent cette nuit, du visage bronzé d'un docteur et de quelques sourires canins « qui en ont vus d'autres ». La rougeur sur son front. Le whisky-pluie chemine, tranquillement, et s'arrête sur une plage ensoleillée, pas très loin de son œsophage. Le pelage jaune du whisky, la langue dorée de la chenille. Les sucres vomis par centaine ce midi et l'effondrement dans la rue. Le rire bête sur l'instant, juste à côté de la tumeur. Les reins tièdes qui flippaient sur le pavé. Ele criait pour que des rossignols viennent, elle se frappait le front sur une bouche d'égoût. Un mannequin la remit en place. Lui conseilla d'être mannequin. Elle brandit son mollet tâché de vin rouge et désigna la fêlure sous le genou.
Elle ne se souvenait pas qui c'était. Elle souleva un coin jaune elle ne se souvenait pas. Elle resta là à tourner en rond à flotter. Elle souleva encore un coin : elle ne savait pas qui c'était. C'était quelqu'un de familier, quelqu'un qu'elle avait connu mais qu'elle avait tout foutu en boule dans un coin. Et maintenant il était là comme une chenille jaune, seul un pied dépassait. Elle pensa qu'il fallait peut-être le couper pour que la forme ahurie et si parfaite de cette chenille permane. Permane, néologisme assez laid emprunté à Gabriel Mazneff vecteur 2 alinéa 3 carré 38. 38. Numéro de son ancien logement. Logement.
…
En octobre elle avait prié pour une chenille. Un truc long et tranquille, souple, éventuellement amoureux. Éventuellement. Plus rance qu'amoureux pour que ce soit coordonné au reste (sacs poubelles, sacs en papier, vaisselle atroce, rhum agricole, Airwick WC, contemplation du robinet – le reste était un immense corticoïde un peu poisseux traitant l'inflammation environnante de certains cancers, inflammation qui entraînait œdème, compression et douleurs ou, à distance, fièvre.) Le reste.
Reste : phrase qu'on ne dit pas.
Pas : avancée vers l'autre pour ne pas lui dire reste. Comme dans « tu es un reste ».
Restée en suspens assez nerveusement pendant de longues heures à renifler la chenille, elle sortit se taper la conversation fraîche et épuisante d'une patate appuyée hystériquement à son comptoir. Elle repartit sans demander son reste.
20h. Abrutissement sans fin.
Temps (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
Siècle
fuite
Nuit (Merci de bien vouloir y accoler systématiquement l'adjectif « noire »)
Mort (la) (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
Tombe(s)/tombeau(x)
heure(s)
vent
Passé/ Présent (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
Autrefois/Demain (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
amour
bouche/sang/veines/coeur/corps/chair/oeil/main
solitude (vous êtes seul contre tous) (tous est indéterminé, sans importance)
révolte
monde
Vide (le) (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
Écrire/Écriture (l') (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
Langue/Verbe (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
entendement/conscience/raison/imagination (en saupoudrer le tout aléatoirement)
Homme (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
absence
Mot (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
mémoire
mère(s)/père(s)/enfant(s)
horizon/Espace/Terre
pluie/eau/mer/océan/vagues
ciel/nuages/arbre(s)
route(s)/rue(s)/ville
mur(s)
horizontalité/verticalité (termes mélodieux et pratiques car pouvant auréoler le tout d'une vague substance intellectuelle)
silence
voix
CRI (N'oubliez surtout pas cet élément capital ! que vous utiliserez de préférence systématiquement accouplé au mot « Silence » ou « muet ») (vous pouvez même parler de « Silence muet ») (« Mon cri dans ce silence muet »)
Pierre(s)
« Mon Travail » (expression capitale) (« Mon Travail s'oriente essentiellement vers »).
GUERRE (essentiel)
DIEU(X) (essentiel)
Absolu
lumière/ombre ; vérité/mensonge ; passion/haine/amour/désir ; lenteur/vitesse, etc.
Nous rappelons qu'il est nécessaire, afin de procurer l'illusion de la diversité dans
votre langage – procuré par votre tout nouveau générateur de phrases – d'y insérer quelques mots savants et compliqués glanés au hasard de vos lectures dont vous aurez préalablement vérifié le sens dans le dictionnaire.
Conseils : Il est conseillé de jouer avec les antonymes, comme ci-après :
« Autrefois sera demain et demain ne sera jamais le présent d'autrefois qui ne sera plus passé ». (Ceci n'est formulé qu'à titre d'exemple).
« La lumière de ton ombre sera plus que jamais demain l'autrefois de mon présent. »
(Ceci n'est formulé qu'à titre d'exemple).
« La verticalité d'une heure sans temps ». (Ceci n'est formulé qu'à titre d'exemple).
Exercice pratique : composez trois textes courts en prose s'articulant autour des mots : vide, horizon, guerre, océan, monde, absence, nuit, pierre.
Réponses :
1. Dans le vide de l'horizon roucoule un monde en guerre où la pierre ne connaît plus la nuit seulement des océans d'absence.
2. Ô Horizon_je n'ai plus d'océan_que ton absence, à scruter la nuit dans les_pierres de la ville, je ne cesse de faire la guerre à ce monde qui est si vide sans moi. Toi. Hum. Ô toi.
3. L'océan de ma vie ne reflète qu'une guerre des mondes toujours plus coupante, comme les pierres, en ton absence qui me claque de nuits. L'horizon et le vide sont remplis de contractions.
Exercice panique : composez un texte final avec les 73 mots de votre nouveau générateur de phrases.
Réponse :
Dans ma bouche_le Temps s'accomplit
Et les rictus_des saisons vengent le Siècle_
La nuit noire peuple d'enfants ton Absence_
Le tombeau des heures pendule mes veines_
Le monde_sourde révolte_ somnole en apnée
Dans l'océan du Verbe, la mémoire de nos pères_
Fléchit l'horizon érosion de nos consciences
_L'homme somni-fer_consécration d'un passé sans visage_
L'oeil en carton posé sur les mains_
Comme des neiges_dans les arbres de nos solitudes_
L'amour sec comme une plateforme de désillusions_
L'estomac pendaison_des dieux informes_
L'horizontalité de nos veines_perforant le chemin_
Et la pluie dans tes mains_comme le mensonge du ciel_
Le corps fait de pain de didacticiels illogismes_
L'Écriture me pulse_je ne dors plus_je suis le torrent du Verbe_
Et la passion des nuages_sous ta peau_
Une vague profonde de maux sans mots_et d'écrits vains sans vin_
La verticalité des murs se dressent_dans le vide_
Je me battrai d'écume_les abattrai d'amertume_
L'espace autour_déclivé_l'apesanteur sonnée_
De nos âmes_dans les trous de la ville_
comme des cris_dans le silence des ciments_
Autrefois ne sera jamais qu'un demain sans présent_
Nos chairs battront de l'oeil_en guerre contre l'ombre_
Lumières jusqu'à l'infini_passions jusqu'à se rompre_
De nos_langues_sans raison.
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_ _ _ (Le générateur de phrases vous prie de cesser immédiatement vos underscore. L'exercice est fini).
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_ (Le générateur de phrases vous prie de cesser immédiatement).
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Nous vous annonçons que vous avez réussi brillamment l'exercice, ayant même pris la liberté de nous bâtir une superbe allitération « horizon érosion » ainsi qu'un brillant jeu de mots vide « somni-fer ». Ça y est. Vous y êtes.
Nous allons passer maintenant à l'étape suivante. Votre carte de visite.
Vous devrez choisir entre trois dénominations, au choix : « écrivain », « poète » ou « auteur ».
Pressez sur la touche étoile si vous souhaitez être « poète ».
Pressez sur la touche dièse, si vous souhaitez être « écrivain ».
Pressez sur la touche 1, si vous souhaitez être « auteur ».
Maintenant, souriez à la caméra. D'un air profondément absorbé par l'horizon du ciel. Vous n'êtes pas là. Répétez après moi : vous n'êtes pas là. Vous avez renoncé à vous-même. Souriez. Ayez l'air inquiet/crispé/le front soucieux.
Maintenant pressez sur la touche 2. Est-ce que vous baisez. Je répète, est-ce que vous baisez ? Flattez-moi. Est-ce que vous baisez ? Flattez-moi. Est-ce que vous baisez. Je répète, est-ce que vous baisez ?
Pressez sur la touche 3. Votre vanité sortira bientôt automatiquement de votre bouche à chaque fois que vous l'ouvrirez.
Entité sioniste en Cisjordanie le soleil se soulève les abords de Seine Paris crache : entité sioniste en Cisjordanie il entame des négociations accélérées pour la formation d'un gouvernement de coalition au bout de sa rue, la rue du Temple. Il négocie une jupe et un croissant. Il longe l'hôpital Hassadah dans les yeux de la fille – parfaitement accessible, déjà ouverte. Il suffit de parler, et c'est un réflexe de survie qu'on cultive – ils sont niais et innocents. Les dons d'organe ne sont qu'un exemple d'une collaboration médicale croissante qui colore un peu d'espoir cette région explosive qu'est Danger. « MINISRAEL : Tout Israël en miniature ! » Israël en carton miniature dans sa tête qui vient colorer la fille de sa vie caramel à passer ses yeux dans les beef-steaks décolorés au sol, giclés des bus. La fille est parisienne et très sensible, elle s'écarte. Elle est le paysage d'Israël revenu d'ailleurs. La terre d'asile d'Israël. Ça va chier maintenant, ce qu'il s'était dit en arrivant ici à dix-huit ans.
Je t'aime, est-ce que tu comprends comme je t'aime et comme je te connais depuis toujours. N'écoute pas mes mots, est-ce que tu comprends comme je t'aime, ne m'écoute surtout pas, garde juste ma silhouette et comment je t'ai regardé ; je t'aime déjà. Est-ce que tu le comprends. Est-ce que tu te demandes comme moi ce que ça veut dire, et comment par périodes le chemin finit par se raccourcir, comme on est des erreurs étranglées. Je t'aime, à quoi tu penses. Est-ce que tu penses à moi. Est-ce que tu y penses comme j'y pense, abîmée à l'extérieur, le corps ouvert au vent, engouffré de la ville. Je t'aime est-ce que tu m'as redessinée ou est-ce que tu penses à moi sans avoir mis de mots là-dessus sans m'avoir redessinée, je t'aime, je t'aime déjà est-ce que tu penses à moi et comment tu y penses, est-ce que tu penses que les corps s'interchangent, est-ce que tu penses que nous valons une somme d'argent, de dons et de talents, d'argent, ou est-ce que tu penses qu'il n'y a que des âmes je t'aime est-ce que tu comprends, est-ce que tu penses à moi, comment tu y penses, où es-tu maintenant, est-ce que tu penses à moi, est-ce que tu gardes comme moi le souvenir d'une rupture avant même qu'on se soit connus, est-ce que tu m'a redessinée est-ce que tu as fait cette erreur alors que moi je t'ai toujours pensé avec humilité sans rien garder d'autre que tes paroles ce que tu montrais c'est-à-dire pas grand-chose. Est-ce que tu as eu cette humilité de garder pas grand-chose de moi, comme moi je n'ai rien pris de toi, sans me redessiner, est-ce que tu n'as jamais vu rien d'autre en moi que les bribes que j'ai données et mes yeux c'est-à-dire pas grand-chose, ou est-ce que tu as eu besoin de me réinventer pour mieux masquer ta solitude est-ce que tu m'aimes je t'aime déjà est-ce que tu penses à moi et comment tu y penses et qui tu es parce qu'on ne se connaît pas. Est-ce que tu te satisfais de ça ou est-ce que tous les soirs tu penses à ce truc qu'on a laissé et ta stupidité, ton âme étiolée qui joue, qui est suspecte et qui a peur, est-ce que tu comprends que tu as peur et moi aussi, est-ce que tu comprends que je me suis vue dans tes yeux, est-ce que tu comprends qu'on est pareil, tu le sais n'est-ce-pas, bien sûr que tu le sens. Est-ce que tu y penses, ou est-ce que tu penses juste à mon cul et tes statistiques dans les chemins de ta banque. Est-ce que tu es stupide, est-ce que tu es comme tous les autres, est-ce que tu es surfait, est-ce que tu penses qu'est-ce que tu penses est-ce que tu sais que je brûle, que je brûle. Est-ce que tu sais que je te laisserai jamais venir en moi. Parce que je brûle et que toi t'as même pas la conviction de brûler devant moi. Est-ce que tu penses que je vois pas tout. Est-ce que tu penses que je te juge ? Tu sais c'était rien, je juge personne, sûrement moins que d'autres, alors m'écoute pas, bien sûr que je te juge pas, tu connais le all for one de James Brown, c'est extraordinaire, c'est un patchwork, le James nous refourgue des passages connus, mais il y a des instants à hauts degrés tu sais je t'aime ; mine de rien et t'es qu'un minable tu sais moi qui je suis pour dire ça ? rien tu sais, on s'est vus tellement minables dans nos yeux, tu sais le champagne, tu sais comme je savais rien dire, tu sais comme on se connaît pas est-ce que tu penses à moi tu sais pas, tu sais rien du tout je t'aime. Tu penses qu'on peut se reposer la terre entière les genoux abîmés dans l'inconnu ? T'es prêt à faire ce sacrifice toi ? Ou est-ce que tu penses qu'on est juste bons à baiser toi et moi, à être des misérables caricatures d'êtres humains et d'amour, à se colporter se radiographer dans des lits blancs, est-ce que tu penses qu'on est des photocopies ? tu sais je t'aime point et tu sais je sais rien, je sais juste que j'ai battu et que t'es bon à abattre parce que ça me fait plaisir parce que ça m'évite de penser à toi et à moi-même. Est-ce que t'as battu toi-aussi, est-ce que tu penses à moi, et comment, est-ce que tu me redessines, ou est-ce que tu as su, et qui tu es, et comment tu vis, est-ce que tu pleures des fois. Je t'aime. Tu sais c'est fou comme on s'abîme et qu'on cherche des choses qui nous ressemblent et qui nous rassemblent, tu sais c'est fou comme les gens ont peur ils ont de la bave blanche à la place du cœur ils aiment épileptiquement tu sais c'est fou comme chacun vibre sans le dire à l'autre et ce qu'on se rate, et comme on se dit et qui tu es toi. Je t'aime. Tu sais, je vais penser toute la nuit comme ça, tu sais, est-ce que tu penses à moi et comment. Et comment tu y penses, c'est surtout ça l'important, comment. Tu sais je suis une malade j'ai des yeux fiévreux tu vivrais pas bien avec moi, tu sais que j'ai les yeux bioniques ? Que je te vois comme tu t'es jamais vu ? que je suis tellement sensible que je vois les gens comme jamais ils se sont vus ? Tu sais que ça fait mal ? Que je peux te faire du mal ? Je te pardonnerai pas, c'est pour ça que je suis partie, t'as dû te retrouver comme un con, je suis désolée c'était pas le but. Je t'ai envoyé bouler au troisième quart d'heure parce que les façades m'insupportent, tu sais j'aime pas le faux et je sais que t'es pas faux, m'écoute pas je voulais te faire peur, je voulais que tu t'en ailles le plus loin possible, très loin, tu sais je t'aime pas, va pas croire, je t'aime pas du tout, non, vraiment pas. T'as tellement peur tu sais, tu vis tellement pas tu sais, tu connais James Brown ? All for one ? Tu penses que des gens peuvent se rassembler et se foutre leurs dix mains sur les poignets en beuglant all for one ? Genre ils s'aiment ? Tu penses ou pas. T'es qui toi d'abord, je me souviens pas de ton nom. Si je sais comment tu t'appelles, je retiens tout, je suis une malade, tu peux pas savoir comme ma vie est une enquête et comme chaque personne ne s'oublie jamais je vis avec des fantômes, tu sais ça toi ? Oui tu sais, t'as vécu en Israël avec des cadavres de bus, t'étais un malade, t'avais ta jeunesse, là ; à baiser partout comme un porc des fois que la vie se finisse trop vite. T'es un chien, tu sais ça ? Tu me regardes comme un chien. Tu me regardes trop, là, tout de suite, tu transpires. Je t'aime, mais faut voir comme je pourrais te détraquer, tu sais j'ai pas l'oxygène facile, tu dois savoir ça toi : on m'a foutu des bombes à chaque clavier, dans les poubelles, et dans mes bus, tu sais. Tu penses à moi ou bien ? T'es qui ? T'es qui derrière tes sourires ? Est-ce que tu penses, est-ce que tu pleures, de quoi, est-ce que les êtres te font mal, est-ce que tu vis encore ou est-ce que t'es une statue, est-ce que tu as roulé comme une pierre ou est-ce que tu es si meurtri que tu pourrais offrir ta vision aux aveugles, qui tu es, est-ce que tu partages, est-ce que tu vis, est-ce que t'es frappadingue ou simplement réfrigéré dans un parking, le parking de ta vie sans rien avoir vécu, est-ce que tu te gares ou est-ce que tu vis à 180, qu'est-ce que tu vis je voudrais savoir, je voudrais tellement savoir tout de toi, je voudrais tellement être là pour toi, te recueillir là et que tu te reposes enfin, j'aimerais tellement que tu t'oublies et que tu oublies mon image et ce qui a pu te paraître de moi, tu sais on s'aime déjà et les humains c'est de la connerie, tu le sais bien toi sous les bombes, tu le sais bien avec tes bus. Tu sais bien tout ça. On sait bien ce qui nous arrive. Tu connais Janis Joplin ? Tu connais quoi ? Tu connais rien. T'es là. Interrogatif. À guetter le meilleur chez les autres. Et c'est pour ça que je suis partie. Tu guettais le meilleur chez moi. Mais c'est tellement facile d'être extraordinaire. Moi je cherche une personne qui renifle mes ordures. Je sais pas si tu peux comprendre.